La technologie du système solaire combiné (SSC), qui assure à la fois le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire, séduit de plus en plus de foyers en quête d’autonomie énergétique et de réduction durable de leurs factures. Le prix d’un système solaire combiné dépend de nombreux paramètres : surface des capteurs, volume du ballon tampon, complexité de l’installation et type de configuration (monobloc, éléments séparés ou haute performance).
Pour une vision claire du retour sur investissement, cet article propose une simulation complète du coût d’un SSC, incluant le matériel, la main-d’œuvre, l’entretien, ainsi que les aides financières (MaPrimeRénov’, CEE, aides locales) permettant d’alléger jusqu’à 60 % du montant initial.
Quel est le prix d’un système solaire combiné selon les configurations ?
Le prix d’un système solaire combiné dépend fortement du type de configuration retenu. Voici trois grandes familles, avec leurs coûts typiques.
Système monobloc
Le système monobloc, souvent le plus simple, combine capteurs thermiques et ballon de stockage dans une unité compacte. Il est généralement utilisé pour les besoins modestes (eau chaude sanitaire, chauffage limité). Dans ce cas, le coût reste dans le bas de la fourchette, à partir de 12 000 € pour une habitation standard, voire plus.
Système à éléments séparés
Le coût système solaire combiné dans cette configuration est logiquement plus élevé en raison du matériel supplémentaire et de la complexité de mise en œuvre. Il faut compter une enveloppe moyenne comprise entre 15 000 € et 22 000 €. Ce surcoût se justifie par une meilleure performance globale, car le ballon, situé en zone protégée, subit moins de pertes thermiques que dans certaines configurations monoblocs extérieures ou mal isolées.
Système solaire combiné haute performance
Pour un logement de grande superficie ou des besoins importants, un SSC « haut de gamme » peut coûter plus de 20 000 €. Il s’agit généralement de la configuration retenue lorsque l’on cherche un rendement maximal et une autonomie significative.
Pour piloter les flux d’énergie avec précision, le prix de l’assemblage d’un système solaire combiné est impacté par :
- La fragilité des tubes sous vide.
- La sophistication de la régulation électronique nécessaire.
Cette option est à privilégier pour viser une autonomie de chauffage dépassant les 50 %.
Vous hésitez encore vis-à-vis de l’installation d’un SSC ? Consultez les avantages et inconvénients d’un système solaire combiné, ainsi que l’efficacité de la combinaison d’un système solaire combiné et d’une pompe à chaleur avant de faire votre choix.
Les différents postes de dépenses composant le prix d’un système solaire combiné
Pour négocier un devis ou comprendre l’offre d’un installateur, il faut regarder la ventilation des coûts matériels. Le matériel représente environ 60 à 70 % de la facture finale. Chaque composant joue un rôle critique dans la chaîne de conversion de l’énergie solaire en calories utilisables pour le logement.
Capteurs solaires
Les capteurs thermiques (plans ou tubes sous vide) constituent le cœur de l’installation. Leur coût varie selon la technologie et la surface requise. Pour un SSC, le coût des capteurs représente souvent entre 30 % et 40 % du budget total. En valeur absolue, cela correspond à une fourchette d’environ 4 000 € à 8 000 € selon la surface et le rendement.
Ballon tampon
Le ballon de stockage permet de stocker l’énergie thermique collectée pour l’eau chaude sanitaire (ECS) et/ou le chauffage. Son dimensionnement (volume, isolation) influence fortement le prix. Typiquement, le ballon représente 15 % à 25 % du coût total d’un SSC. En pratique, l’achat d’un ballon de stockage coûte souvent entre 2 000 € et 5 000 €, en fonction du volume et de la qualité.
Station de transfert et de régulation
Pour que l’énergie solaire soit utile, il faut un système de régulation hydraulique (pompes, vannes, contrôleurs). Cela représente le cerveau de l’installation. Ces composants représentent en général 5 % à 10 % du coût total. Concrètement, le coût pour la régulation et le système hydraulique oscille principalement entre 900 € et 2 000 €.
Accessoires et sécurité
Tuyauteries, vannes, pompes, dispositifs de sécurité, etc., ces éléments complètent le système et assurent fonctionnement et sécurité. Ils représentent souvent la partie la moins coûteuse mais nécessaire. Le prix avoisine en général les 1 500 € à 2 500 €. Ne pas négliger la qualité de l’isolant des tuyaux : s’il est dégradé par les oiseaux ou le soleil, les pertes en ligne ruineront la production solaire.
Quel est le prix de l’installation d’un système solaire combiné ?
L’installation d’un SSC constitue une opération technique requérant une double compétence : couvreur pour la partie toiture et chauffagiste pour la partie hydraulique. Le prix de l’installation d’un système solaire combiné reflète cette exigence de qualification (généralement RGE QualiSol). La main-d’œuvre et les frais annexes constituent environ 30 à 40 % du devis total.
Main-d’œuvre
Le travail d’un professionnel, souvent certifié (label environnemental), pèse lourd dans le budget global. L’installation (pose, réglages, raccordements) représente fréquemment entre 20 % et 30 % du coût total. Ainsi, le prix pour la totalité du chantier se facture principalement entre 3 000 € et 5 000 € HT.
Intégration toiture
L’intégration au bâti entraîne un surcoût de main-d’œuvre d’environ 15 à 20 % par rapport à la surimposition. De plus, elle nécessite des kits d’abergement spécifiques (zinc ou aluminium) qui alourdissent la facture « matériel » d’environ 500 à 800 €. La surimposition reste la norme en rénovation pour des raisons économiques et de simplicité technique.
Raccordements hydrauliques
Le raccordement du circuit solaire au réseau de chauffage ou de production d’eau chaude existant implique tuyauteries, vannes, adaptations, ajoutant un coût supplémentaire. Dans les estimations génériques, ces raccordements et adaptations sont compris dans la part « installation / main-d’œuvre ». Cette partie spécifique de l’installation est souvent facturée entre 1 000 € et 2 000 €, incluant les petites fournitures.
Prix de l’entretien et du dépannage d’un système solaire combiné
Pour garantir la longévité et le rendement, un minimum d’entretien et de suivi pour le SSC est nécessaire. Le négliger expose le propriétaire à une baisse de rendement silencieuse ou à une dégradation irréversible des capteurs par surchauffe.
Entretien annuel
Le prix de l’entretien d’un système solaire combiné sous forme de contrat annuel ou de visite ponctuelle se situe entre 100 € et 300 €, selon l’ampleur de l’installation. Cela inclut :
- Faire vérifier et nettoyer les capteurs.
- Vérifier l’étanchéité, le bon fonctionnement du circuit hydraulique.
Un contrat de maintenance peut prévoir ces vérifications régulières et permettre un diagnostic préventif.
Remplacement des fluides
Le fluide caloporteur (glycol, antigel, etc.) doit être contrôlé et renouvelé périodiquement (tous les 5 à 10 ans selon les installations). Le coût pour ce remplacement est estimé entre 300 € et 600 €.
Selon les composants, d’autres remplacements peuvent s’avérer nécessaires (pompe, régulateur, vannes) après 10-15 ans. Toutefois, ces coûts de remplacement restent généralement faibles comparés à l’investissement initial.
Dépannage courant
En cas de panne ponctuelle (pompe défectueuse, fuite, dysfonctionnement hydraulique) le coût varie selon la nature de la réparation. Le prix dépannage système solaire combiné démarre souvent par un forfait déplacement/diagnostic autour de 100-150 €, auquel s’ajoute la pièce. Changer un circulateur solaire spécifique peut coûter entre 250 € et 400 €, pièces et main-d’œuvre incluses.
Prix final d’un système solaire combiné après aides financières
Le coût facial élevé du SSC est massivement amorti par les dispositifs d’État, la France encourageant fortement cette technologie décarbonée. En cumulant les différentes aides, il est possible de réduire le coût net de 30 % à 60 %, rendant le système compétitif face aux énergies fossiles.
MaPrimeRénov’
Pour les installations en France, l’aide MaPrimeRénov’ peut considérablement contribuer au financement d’un SSC, notamment pour la partie solaire thermique (chauffage, eau chaude).
Les montants alloués peuvent atteindre 10 000 € pour les ménages aux revenus très modestes (Bleu) et 8 000 € pour les ménages modestes (Jaune). Les profils intermédiaires (Violet) peuvent prétendre à environ 4 000 €. Attention, ces montants évoluent et sont soumis au recours à un artisan RGE.
Les primes CEE
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) peuvent également s’appliquer, en fonction de :
- La performance énergétique de l’installation.
- Le respect des critères techniques exigés (équipements conformes, installateur certifié, intégration correcte, etc.).
Certaines offres commerciales annoncent un reste à charge très faible (quelques milliers d’euros) après application des aides cumulées.
La fiche BAR-TH-143 permet d’obtenir une prime CEE lors de l’installation d’un système solaire combiné (SSC) dans une maison individuelle existante. Pour être éligible, le SSC doit utiliser des capteurs solaires thermiques (non hybrides). Ceux-ci doivent être certifiés, avec une productivité ≥ 600 W/m² et une surface minimale de capteurs d’au moins 8 m².
Aides locales
Outre les dispositifs nationaux, il existe des aides régionales, départementales ou municipales — selon la localisation, le type de logement, le revenu, etc. Elles peuvent venir en complément de MaPrimeRénov’ et des CEE, et améliorer davantage la rentabilité du projet.
Reste à charge typique
En combinant ces aides, le reste à charge pour un SSC peut varier fortement. Dans un scénario favorable (aides importantes, installation standard), le coût net peut être réduit à 7 000 € pour un logement moyen.
Dans une configuration haut de gamme, le reste à charge, après aides, pourrait bien rester supérieur. Néanmoins, l’investissement reste rentable sur le long terme grâce aux économies d’énergie.