Le chauffage de l’eau sanitaire représente 15 à 20 % de la consommation énergétique d’un foyer. Avec la hausse des prix de l’électricité et les objectifs de décarbonation, le choix du système de production d’eau chaude est devenu crucial. En 2024, les chauffe-eaux électriques classiques reculent, tandis que les chauffe-eaux solaires ou thermodynamiques s’imposent comme des alternatives performantes.
Face à la montée des prix de l’énergie, installer un chauffe-eau solaire ou thermodynamique n’est plus une simple option écologique, mais un véritable levier d’économies. Toutefois, quelle technologie choisir ? Cet article vous aide à faire un choix éclairé selon votre budget, votre localisation et vos besoins en eau chaude, tout en présentant les aides financières disponibles pour un projet de rénovation énergétique en 2025.
Chauffe-eau solaire ou thermodynamique : Quelles différences ?
Le chauffe-eau solaire et le chauffe-eau thermodynamique peuvent produire de l’eau chaude sanitaire de manière plus économe que les modèles électriques classiques. Toutefois, ces deux appareils reposent sur des principes de fonctionnement fondamentalement distincts qui exploitent différemment les ressources renouvelables de notre environnement.
Fonctionnement du chauffe-eau solaire
Le chauffe-eau solaire individuel (CESI) est la solution la plus directe pour convertir le rayonnement solaire en chaleur. Son architecture est simple, mais redoutablement efficace. Il est composé de capteurs thermiques, généralement installés sur le toit, qui absorbent l’énergie du soleil. Un fluide caloporteur, circulant dans ces capteurs, chauffe et transfère cette chaleur, via un échangeur thermique, à l’eau stockée dans le ballon.
Ce système est capable de couvrir entre 50 % et 80 % de vos besoins annuels en eau chaude, le reste étant assuré par un appoint (souvent électrique) lors des périodes de faible ensoleillement ou de forte demande.
Sa performance est directement proportionnelle à l’intensité de l’irradiation solaire. C’est un dispositif passif qui utilise très peu d’électricité, hormis pour faire circuler la pompe du fluide caloporteur dans certains modèles.
Fonctionnement du chauffe-eau thermodynamique
Le chauffe-eau thermodynamique (CET) fonctionne sur le principe de l’aérothermie, similaire à celui d’une PAC air/eau, mais dédié uniquement à l’eau chaude sanitaire. Cet appareil capte les calories présentes dans l’air ambiant, qu’il s’agisse de :
- L’air intérieur (dans une pièce non chauffée de plus de 20 m3 comme un garage ou une buanderie).
- L’air extérieur.
- L’air extrait d’une VMC.
Ces calories sont transmises à un fluide frigorigène qui, même à basse température, s’évapore. Ce gaz est ensuite compressé, augmentant sa température. La chaleur dégagée est finalement transmise à l’eau du ballon.
Le rapport entre l’énergie thermique produite et l’électricité consommée par le compresseur est mesuré par le Coefficient de Performance (COP). Les modèles les plus performants affichent un COP nominal généralement compris entre 2,5 et 4,0. Cela signifie qu’ils restituent de 2,5 à 4 kWh de chaleur pour chaque 1 kWh d’électricité consommé.
Chauffe-eau solaire ou thermodynamique : Comparatif des avantages et inconvénients
L’évaluation de la performance globale et de la rentabilité d’un système nécessite une analyse franche des forces et des faiblesses de chacun. Que vous optiez pour un chauffe-eau thermodynamique ou solaire, chaque technologie présente des atouts distincts et des contraintes spécifiques à prendre en compte.
Les avantages et inconvénients du chauffe-eau solaire
Le chauffe-eau solaire excelle par son efficacité environnementale. Il utilise une ressource gratuite et inépuisable, ne nécessitant qu’une quantité infime d’électricité pour l’appoint ou la circulation du fluide. Il permet d’atteindre le meilleur taux de couverture énergétique renouvelable.
Par contre, son inconvénient majeur réside dans sa dépendance à la météo et à l’ensoleillement direct. Par ailleurs, son installation est plus lourde et plus visible, nécessitant l’intégration de panneaux sur la toiture ou au sol.
Enfin, le coût initial est significativement plus élevé.
Les avantages et inconvénients du chauffe-eau thermodynamique
Quant au chauffe-eau thermodynamique, il offre une flexibilité d’installation bien supérieure. Il peut s’intégrer à l’intérieur, souvent en remplacement d’un ballon électrique existant, sans empiéter sur l’esthétique extérieure. De plus, son coût d’achat est nettement plus abordable que le système solaire.
En ce qui concerne les inconvénients, son efficacité (COP) est tributaire de la température de l’air ambiant. Un air plus froid réduit sa performance, nécessitant plus souvent l’activation de la résistance électrique d’appoint. De plus, il peut être source de nuisances sonores, notamment si le volume de la pièce est insuffisant. Enfin, il requiert une maintenance du compresseur.
Chauffe-eau solaire ou thermodynamique : Comparatif des prix et des aides
Le choix entre chauffe-eau solaire ou thermodynamique impacte directement l’investissement initial, ainsi que le montant des subventions dont vous pouvez bénéficier. Pour prendre une décision éclairée, il est impératif de confronter les dépenses moyennes et les dispositifs d’aide en vigueur en 2024-2025.
Coût moyen
L’investissement initial pour un chauffe-eau solaire individuel (fourniture et pose incluses) est généralement le plus élevé des deux, en raison de la complexité de l’installation des capteurs et des raccordements étanches. Pour une installation de taille standard, il faut prévoir un budget compris entre 5 000 € et 8 000 €, selon le type de capteurs et la difficulté du chantier.
Le coût d’un chauffe-eau thermodynamique est quant à lui beaucoup plus accessible, oscillant en moyenne entre 2 000 € et 5 000 €, installation comprise. Ce montant peut varier en fonction du volume du ballon (de 150 L à 300 L) et du type de captage (air ambiant ou split avec unité extérieure).
Même si le CET est plus cher qu’un cumulus électrique classique (environ 800 € à 1 500 €), la différence est rapidement amortie par les économies d’énergie générées. Ci-après un tableau comparatif du coût moyen des chauffe-eaux solaire et thermodynamique :
Aides disponibles
Les chauffe-eaux thermodynamique et solaire sont éligibles à plusieurs aides financières majeures, à condition que l’installation soit réalisée par un artisan RGE. Les dispositifs les plus couramment mobilisés sont :
- MaPrimeRénov’ : pouvant aller jusqu’à 4 000 € pour un chauffe-eau solaire individuel et jusqu’à 2 000 € pour un chauffe-eau thermodynamique.
- Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) : versées par les fournisseurs d’énergie.
- TVA à taux réduit de 5,5 %: Elle s’applique sur la fourniture et la pose des équipements pour les logements de plus de deux ans.
- L’Éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) : Il permet de financer le reste à charge sans payer d’intérêts.
Pour le CET, un critère d’éligibilité indispensable est que le Coefficient de Performance (COP) de l’appareil soit supérieur ou égal à 2,5. Ces soutiens financiers sont cruciaux, car ils réduisent significativement le temps de retour sur investissement des deux options.
Chauffe-eau solaire ou thermodynamique : Quel système choisir selon votre logement ?
Le choix définitif entre chauffe-eau solaire ou thermodynamique ne peut être arbitraire. Il doit impérativement s’aligner avec les caractéristiques intrinsèques de votre habitation, sa localisation géographique et les habitudes de consommation du foyer. Cette étape de diagnostic est fondamentale pour garantir une performance optimale.
Selon votre région et l’ensoleillement
La localisation géographique reste un critère déterminant pour le chauffe-eau solaire. Les régions jouissant d’un fort taux d’ensoleillement annuel verront leur investissement dans un chauffe-eau solaire rapidement rentabilisé. À l’inverse, dans les régions plus septentrionales ou aux hivers longs et nuageux, l’efficacité du solaire diminue, rendant le système d’appoint plus sollicité. Quant au chauffe-eau thermodynamique, il est moins dépendant de l’ensoleillement. Néanmoins, sa performance est liée à la température de l’air qu’il capte.
Dans une région froide, il est préférable d’opter pour :
- Une installation sur air extrait (raccordé à la ventilation).
- Un modèle split, dont l’unité extérieure est conçue pour résister aux basses températures (pour un COP élevé).
Selon la configuration de votre logement
La configuration physique de la maison conditionne la faisabilité et le coût de l’installation. Un chauffe-eau solaire nécessite une surface de toiture disponible (ou au sol) orientée idéalement au sud, sans ombrage. Le système requiert également de l’espace pour le ballon de stockage à l’intérieur et l’installation des conduits.
Le CET est plus simple à intégrer. Toutefois, s’il est installé sur air ambiant, il exige une pièce non chauffée, un volume minimal de 20 m3 (soit environ 8 m² au sol). Cela permet d’éviter de refroidir l’espace de vie et de diminuer son propre rendement. Si l’espace est contraint, le modèle sur air extérieur ou sur VMC représente une alternative technique pertinente.
Selon votre budget et vos besoins en eau chaude
Le budget initial et les besoins en volume d’eau chaude sont les derniers facteurs à croiser. Si vous disposez d’un budget d’investissement conséquent et que vous vivez dans une zone bien ensoleillée, le CESI est l’option idéale. Cet appareil vous garantira les économies d’énergie les plus substantielles sur le long terme.
Le CET est une excellente porte d’entrée dans la production d’eau chaude renouvelable dans le cas où :
- Votre budget est plus modéré.
- Vous recherchez une solution moins invasive et moins dépendante du climat.
Il est particulièrement adapté pour remplacer un chauffe-eau électrique dans une démarche de rénovation énergétique progressive.
Il est conseillé de dimensionner le ballon à environ 50 litres par occupant pour garantir un confort optimal tout en évitant le surdimensionnement, ce dernier étant un facteur de baisse de performance pour les deux systèmes. À ce titre, l’avis des installateurs est unanime : un bon dimensionnement est la clé du rendement.