Selon le bilan officiel de l’Anah, le dispositif MaPrimeRénov’ a permis de financer plus de 333 539 rénovations d’ampleur entre 2020 et fin 2024, illustrant une volonté croissante des ménages de sortir du statut de « passoire thermique ». À l’horizon 2026, le cadre réglementaire de la rénovation globale se stabilise autour des mesures de la Loi de finances pour 2025. Cette étape marque un tournant majeur avec le maintien du parcours accompagné, devenu obligatoire pour les rénovations ambitieuses visant un gain de plusieurs classes énergétiques.
Ainsi, pour une rénovation d’ampleur en 2026, l’accès aux subventions reste conditionné par l’intervention d’un « Mon Accompagnateur Rénov’ » et à la réalisation d’un audit énergétique préalable. Pour les propriétaires, comprendre les barèmes de ressources et les critères techniques d’éligibilité publiés au Journal Officiel est désormais indispensable pour garantir le financement de leurs projets de transition écologique.
Qu’est-ce qu’une rénovation d’ampleur en 2026 ?
La rénovation d’ampleur représente une étape majeure dans la stratégie française de transition énergétique, visant à transformer radicalement la performance des logements anciens pour les rendre économes et confortables.
Définition officielle
Selon les règles établies par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), une rénovation d’ampleur désigne un parcours de travaux coordonnés qui permet un gain minimal de deux classes sur le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ce dispositif impose la réalisation de deux gestes d’isolation, portant par exemple sur les murs, la toiture ou les fenêtres, tout en interdisant le maintien d’un système de chauffage fonctionnant au fioul.
L’opération doit impérativement être accompagnée par un tiers de confiance agréé par l’État, nommé Mon Accompagnateur Rénov’, qui sécurise le projet technique et financier de sa conception à sa livraison.
Différence avec rénovation globale
Bien que les deux termes partagent l’objectif d’une amélioration significative, la rénovation d’ampleur se distingue par son cadre réglementaire strict et son mode de financement spécifique. Contrairement à la rénovation globale classique, qui peut parfois se limiter à une somme de gestes isolés sans obligation d’accompagnement systématique, la rénovation d’ampleur exige une approche globale certifiée dès le départ.
Elle repose sur un audit énergétique initial précis et se focalise sur l’atteinte d’un palier de performance prédéfini, ouvrant droit à des aides financières proportionnelles à l’ambition écologique du projet plutôt qu’au simple coût de chaque équipement installé.
Peut-on toujours bénéficier de MaprimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur en 2026 ?
À partir du 1er janvier 2026, l’accès à MaPrimeRénov’ pour les rénovations d’ampleur connaît un changement majeur qui équivaut à une suspension temporaire pour une grande partie des ménages. Selon les informations actuelles, l’aide financière pour les parcours de rénovation globale ne sera plus disponible pour les propriétaires dont les revenus sont considérés comme intermédiaires ou supérieurs. Seuls les foyers aux revenus modestes et très modestes conserveront la possibilité de solliciter ce dispositif pour des travaux de grande envergure.
Cette mesure signifie que les ménages les plus aisés ne pourront plus bénéficier de ce soutien public pour transformer radicalement la performance énergétique de leur logement durant cette période. L’objectif affiché par les autorités est de concentrer les ressources budgétaires sur les publics les plus précaires afin de lutter prioritairement contre la précarité énergétique.
Pour les personnes exclues du dispositif en 2026, il devient nécessaire de rechercher d’autres leviers de financement, comme les certificats d’économie d’énergie ou l’éco-prêt à taux zéro, bien que ces options ne compensent pas toujours intégralement la perte de la prime principale. Cette restriction marque donc un tournant restrictif dans l’accompagnement des projets de rénovation ambitieux pour l’année 2026.
Les travaux obligatoires dans une rénovation d’ampleur en 2026
La rénovation d’ampleur repose sur un parcours accompagné, principalement structuré autour du dispositif MaPrimeRénov’.
Nombre minimal de gestes
Pour être éligible à ce parcours spécifique, le projet doit comprendre au moins deux gestes d’isolation thermique parmi les quatre catégories principales définies par la réglementation, ainsi que le remplacement du système de chauffage pour un chauffage plus écologique. Ces catégories incluent l’isolation des murs, des planchers bas, de la toiture ou le remplacement des parois vitrées. Cette exigence garantit que l’intervention ne se limite pas à un simple changement de système de chauffage, mais s’attaque durablement à l’enveloppe du bâtiment pour limiter les déperditions de chaleur.
Gain énergétique exigé
Le projet doit obligatoirement permettre d’atteindre un saut d’au moins deux classes énergétiques sur le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Par exemple, un logement classé F doit viser au minimum la classe D après les travaux. Pour les habitations considérées comme des passoires thermiques, c’est-à-dire les classes F et G, l’objectif final est souvent plus ambitieux afin de sortir durablement de cette précarité énergétique, conformément aux objectifs de la Loi Climat et Résilience.
Quelles aides pour une rénovation d’ampleur en 2026 ?
Pour entreprendre une rénovation d’envergure, le dispositif MaPrimeRénov’ Parcours accompagné demeure le levier principal de financement. Cette aide s’adresse aux ménages qui réalisent des travaux permettant un gain minimal de deux classes sur le diagnostic de performance énergétique.
Le montant de la subvention dépend directement des revenus du foyer et de l’ambition du projet, pouvant couvrir une part très importante du coût total hors taxes. L’accompagnement par un tiers de confiance, dénommé Mon Accompagnateur Rénov’, reste obligatoire pour structurer le dossier technique et financier.
Dans le cadre du parcours accompagné, le dispositif MaPrimeRénov’ devient l’aide unique. Il n’est plus possible de cumuler directement cette aide avec les primes CEE versées par les énergéticiens, car ces dernières sont désormais directement intégrées et valorisées dans le montant de la subvention versée par l’Anah.
Pour financer le reste à charge, l’éco-prêt à taux zéro constitue une solution de financement sans intérêts, sous réserve de respecter les critères d’éligibilité bancaire. Ces dispositifs s’appuient sur les cadres réglementaires actuellement validés par les autorités publiques, garantissant ainsi une continuité dans le soutien à la transition énergétique du logement.
Montants des aides pour rénovation d’ampleur en 2026
À ce jour, les textes officiels encadrant les aides pour 2026 maintiennent une structure basée sur le gain de classes au diagnostic de performance énergétique.
Plafonds de financement
Le montant total des dépenses éligibles est plafonné afin de limiter l’assiette de calcul de la subvention publique. Pour une rénovation permettant de gagner deux classes énergétiques, le plafond des travaux pris en compte s’élève à 40 000 euros hors taxes.
Ce plafond grimpe à 55 000 euros si le projet permet d’atteindre un saut de trois classes, et culmine à 70 000 euros pour une amélioration de quatre classes ou plus. Ces seuils s’appliquent sur une période pluriannuelle définie par la réglementation en vigueur.
Taux de prise en charge
La part des travaux financée par l’État varie selon les ressources du ménage, classées par les catégories de couleurs de l’Agence nationale de l’habitat. Pour les ménages aux revenus très modestes, le taux de prise en charge peut atteindre 90 % du montant des travaux si le projet permet au logement de sortir du statut de passoire thermique (classes F ou G). Sans cette sortie de passoire, le taux maximal est de 80 % pour cette catégorie. Une bonification de 10 % peut s’ajouter si le logement sort de l’état de passoire thermique.
Il est important de noter que ces paramètres sont susceptibles d’évoluer selon les prochains votes du budget annuel au Parlement.
Comment monter un projet de rénovation d’ampleur en 2026 ?
Réussir une rénovation d’ampleur en 2026 demande une préparation minutieuse centrée sur l’amélioration globale de la performance thermique du logement pour atteindre un gain d’au moins deux classes énergétiques.
Audit énergétique obligatoire
La première étape indispensable consiste à réaliser un audit énergétique complet effectué par un professionnel qualifié. Ce document constitue la feuille de route technique de votre projet car il analyse précisément les points faibles de l’habitation comme l’isolation, le chauffage ou la ventilation.
Contrairement au simple diagnostic de performance énergétique, cet audit propose des scénarios de travaux détaillés et chiffre les économies d’énergie attendues. Il sert de base légale pour justifier la nature des interventions et demeure une condition essentielle pour l’obtention des aides publiques destinées aux rénovations globales.
Accompagnement (Mon Accompagnateur Rénov’)
Pour sécuriser votre parcours, le recours à Mon Accompagnateur Rénov’ est une obligation réglementaire dans le cadre des parcours de rénovation d’ampleur. Ce tiers de confiance agréé par l’État vous apporte une assistance technique, administrative et financière tout au long du chantier. Il vous aide à sélectionner les devis des entreprises certifiées Reconnu Garant de l’Environnement et vérifie la conformité des travaux réalisés.
Son rôle est également de simplifier le montage de votre dossier en s’assurant que le projet respecte les exigences de performance nécessaires pour débloquer les financements.
Étapes administratives
Le volet administratif débute par le dépôt de votre demande de subvention sur les plateformes officielles avant toute signature de devis ou commencement des travaux. Une fois l’accord de principe obtenu, vous devez effectuer les déclarations préalables d’urbanisme auprès de votre mairie si les travaux modifient l’aspect extérieur du bâtiment. À la fin du chantier, la transmission des factures définitives et du certificat de conformité permet le versement des aides.
Il est crucial de conserver l’ensemble des documents techniques et fiscaux pour répondre aux éventuels contrôles de l’administration après la clôture du dossier.